JK : Donc ça a été aussi simple que ça ?
FG : Une demi-heure après, Walt m'a appelé dans son bureau, et il m'a demandé si je voulait reprendre la création de strips. A cette époque là je commençait à être vraiment intéressé par l'animation et j'était réticent au changement. J'ai dit à Walt que je ne le souhaitait pas d'accord et que je préférait rester dans l'animation. Et bien, Walt était un très bon vendeur. Il me dit juste de faire les strips pendant deux semaines, le temps de trouver un autre artiste. Pour le dépanner, j'ai donc accepté. Après tout, il m'avait dit qu'une partie de mon travail était d'être a possible soutient sur les strips. A là fin du mois, je me demandait si il cherchait vraiment sérieusement quelqu'un d'autre pour ma place. Après deux mois, j'ai commencé à m'inquiété qu'il trouve vraiment quelqu'un parce que j'amais vraiment ce que j'était en train de faire et je voulait continuer. Il ne m'a jamais reparlé de ça et j'ai continué à dessiner les strips quotidients pendant 45 ans, jusqu'à ce que je prenne ma retraite, le 1er Octobre 1975.
JK : Quand votre premier strip a-t-il été publié ?
FG : Mon premier strip est apparu le 5 Mai 1930, sur une histoire qui avait commencé le 1er Avril 1930. Walt avait écrit l'histoire de Mickey trouvant la carte au trésor d'une mine d'or dans la Death Valley. (voir cet article) Pour m'aider à commencer, Walt continua a faire le scénario pendant deux semaines pour que je les dessines et puis j'ai reprit le scénario le 19 Mai à la moitié de l'histoire et j'ai continué à le faire jusqu'en 1932, quand cinq différents scénaristes l'on reprit.
Les strips des journaux de Mickey contre l'animation de Mickey
JK : Faisiez-vous ces bandes dessinées en suivant les cartoons ?
FG : Nous avons essayé de suivre l'esprit du Mickey des dessins animés mais comme nous faisions des histoires d'aventure, nous sommes allées au delà de ça. Les cartoons avaient une histoire structurée simplement, avec une suite de gags qui ammenent petit à petit à la conclusion. Ce n'est pas comme les histoires que nous faisions pour les journaux. Nous avons mieux dévelopés les personnages pour nourrir les histoires. J'amais faire ces petites aventures mais je gardais autant d'humour que possible.
JK : Mais vous n'avez pas été influencé par les dessins animés de Mickey pour vos strips ?
FG : Walt lui-même avait précédemment emprunté des idées venant de dessins animés. Les strips étaient influencés par les cartoons mais également par les modes et les films de l'époque. "The mad doctor" a influencé l'histoire "Mickey Mouse in Blaggard Castle" ("Mickey contre les professeurs") bien que le scientifique fou dans notre histoire était modelé d'après le film de Boris Karloff ("Frankenstein") que je venait de voir. "Mickey and the Seven Ghosts" ("Mickey et les fantômes") était inspiré par le dessin animé "Lonesome Ghosts" ("Les revenants solitaires"). "Mickey Mouse Runs His" ("Mickey journaliste") dans notre journal était inspiré par des films de gangsters de l'époque comme "Scarface" et "Little Caesar" ("Le petit César").
JK : Avez-vous subit beaucoup de censure ?
FG : Il y avait une séquence dans l'histoire "Blaggard Castle" où Mickey saisit une perche et saute par dessus une fosse d'alligators mais, la perche se cassa. King Features nous a envoyé un télégramme où ils nous annonçaient qu'il allaient couper la séquence entière parce que la scène pouvait choquer les femmes et les enfants qui lissaient le journal. J'ai photocopié le document pour Walt et il a juste rigolé en le lisant. Il pensait que c'était une bonne aventure et il était persuadé que ce danger là se résolvait bien, d'une façon humouristique. Il a donc contacté le l'éditeur qui est revenu sur sa décision. La seule censure que nous avons subit a été dans l'histoire "The Monarch of Medioka" ("Mickey et le roi de Médioka") parce que elle faisait une sorte de parallèle avec les évênements qui se déroulaient en Yougoslavie à cette époque là: l'archiduc essayait de faire renverser le roi. Au fil des années, il n'y a eut sinon que de petites censures, car notre but était de rester dans l'esprit de l'animation Disney.
"The Monarch of Medioka", une histoire censurée
Walt dit "Simplifiez !"
JK : Faisiez-vous approuver votre travail par Walt avant de l'envoyer à l'éditeur ?
FG : Walt vérifiait mon travail les deux premiers mois après avoir récupérés les strips, mais après et au fil des années, excepté pour des suggestions occasionnelles, il ne se préoccupait que rarement des strips. Il n'était pas très concerné par ça. Il avait de plus gros problème que ça. Nous étions juste sencé suivre la règle du studio général comme quoi il ne doit y avoir aucune violence qui ne soit pas d'une façon comique, et nous travaillons le dessin de manière à ce qu'il soit de la plus haute qualité possible.
JK : Donc Walt n'était pas directement entré dans la réalisation des strips ?
FG : Dans les premiers jours des strips, j'était très intrigué par les détails à l'arrière-plan comme par exemple les maisons, les clotures ou la pluie. Donc une des choses les plus dures a été d'étudier pour simplifier, ratinnaliser. La seule chose que je voulait ajouter à ce que faisait Walt était que je voulait mettre plus de détails dans les strips. "Pourquoi mettez-vous plus de détails ici ? Simplifiez !". Je ne sait pas si c'était une fabulation ou à cause de son expérience de l'animation où il ne faut pas d'arrière plan trop compliqué. Quand je revois ces vieux strips, je pense aux vieilles histoires où les dialogues étaient trop répétitifs et surchargés.
JK : J'ai remarqué que votre Mickey Mouse a changé d'apparence au fil des années. Certaines personnes ont même pensées que c'était un autre artiste qui faisait les strips parfois.
FG : En général, j'essayais de suivre les changements du Studio pour leur façon de faire Mickey. Je m'éfforçais de garder une ressemblance entre le Mickey que je dessinais pour les strips et le Mickey des films. En Janvier 1933, j'ai abandonnée la fine ligne blanche au dessus des yeux de Mickey pour plus de simplicité, mais à part ça j'ai juste suivi les nouveaux modèles de Mickey que l'on me donnait. Périodiquement, Mickey perdait et retrouvait sa queue. Il a perdu sa cullote courte dans les années 40 et bien sûr obtient des pupilles dans ses yeux avec Fantasia. Quand pour la première fois j'ai vu des pupilles dans les yeux de Mickey sur le modèle, j'ai aimé ça immédiatement.
Le dessin animé de Mickey préféré de Gottfredson
JK : Je suis sûr que vous regardiez les cartoons. Avez-vous un préféré ?
FG : Fred Moore était la personne qui a vraiment fait des choses merveilleuses avec Mickey et quelques autres personnages. Pour moi, le meilleurs cartoon de Mickey était "The Nifty Nineties", avec des dessins de Mickey de Fred Moore. J'ai souvent dit ça avant mais je pense que c'était le meilleur Mickey. J'ai essayé d'imiter Fred mais je ne pense pas que quelqu'un puisse copier son style.
JK : Depuis que vous travaillez au Studio, est-ce qu'un animateur comme Moore a commenté votre travail ?
FG :Le service de l'animation ne saivait pas que nous existions. Nous étions si petits que nous étions hors de vue et hors des esprits. Nos salaires n'étaient jamais aussi élevés que ceux des animateurs.
JK : La continuité des histoires dans les strips de Mickey Mouse semble s'arrêter dans les années 50...
FG :Nous commencions à abandonner progressivement la continuité et nous allions plus vers les formats des gags journaliers, parce que c'était une décision de King Features de neutraliser les effets de la télévision sur la vente des journaux. Ils sentaient que avec de petites exceptions comme les histoires en strips ils ne pouvaient pas rivaliser avec la télévision.
JK : Quelle a été votre impression de Walt Disney ?
FG :Walt et Roy étaient des personnes géniales pour travailler avec eux. Par dessus ça, la liberté de création était incroyable. Roy nous conseillaient quand même un peu plus que Walt. Walt était un coriace tyran. Je ne pense pas qu'il l'ai déjà réalisé qu'il était sévère. Il était toujours focalisé sur n'importe quel projet, et il était vraiment pationné par ce qu'il faisait. Et c'est tout ce qui importait. Pour le reste, nous n'étions que des outils qu'il pourvait utiliser. Si, comme je le disait, je gardais le "vrai" Mickey vivant, je faisait juste de mieux que je pouvait somme une extension de Walt et de ses rêves. Il n'y avait qu'un seul Walt Disney. Il n'y en aura jamais un autre.
JK : Merci Floyd.
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Source, pour ceux qui souhaitent lire l'interview en anglais, sans être contraint par mes défauts de traduction: http://mag.awn.com/index.php?ltype=cat&category1=Profiles&article_no=2955
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